Respiration profonde: Créer un schéma d’inspiration rythmique peut aider à stimuler votre mémoire, vos émotions et votre sens de l’odorat

La respiration est essentielle à la vie. Il fournit aux cellules et aux tissus l’oxygène dont ils ont besoin pour fonctionner correctement. Pourtant, nous prêtons rarement attention à la chose la plus naturelle que nous faisons tous tout le temps. En moyenne, nous prenons environ 16 respirations par minute, ou plus de 20 000 par jour pendant que nous sommes au repos.

Respirer correctement est l’un des moyens les plus puissants pour améliorer le bien-être physique, émotionnel et spirituel. Pour la première fois, les scientifiques de Northwestern Medicine ont découvert que le rythme de notre respiration crée une activité électrique dans la zone du cerveau humain où les émotions, la mémoire et les odeurs sont traitées.

L’étude, par l’auteur principal Christina Zelano, professeur adjoint de neurologie à la Feinberg School of Medicine de l’Université Northwestern à Chicago, et ses collègues, a été publiée dans le Journal of Neuroscience plus tôt ce mois-ci.

Inspire, expire

Inspire, expire. Un acte simple qui crée des rythmes de décharge neuronale dans le cerveau. Dans l’étude, les chercheurs ont révélé comment la respiration synchronise ces rythmes dans le cerveau humain, produisant des effets variables sur la mémoire et les jugements émotionnels. Ces effets sur le comportement et la mémoire dépendaient fortement du fait que la personne ait inhalé ou expiré et ont disparu si elle respirait par la bouche.

Zelano et ses collègues ont d’abord découvert les différences dans l’activité cérébrale induite par la respiration tout en étudiant sept patients épileptiques qui étaient programmés pour une chirurgie du cerveau. Avant leur chirurgie, un chirurgien a implanté des électrodes dans leur cerveau pour localiser la source de leurs crises d’épilepsie.

Grâce à ces implants, les scientifiques ont pu obtenir des données électrophysiologiques directement à partir de leur cerveau. Après avoir analysé les signaux électriques enregistrés, l’équipe a conclu que l’activité cérébrale des patients fluctuait avec la respiration. L’activité s’est produite dans les zones spécifiques du cerveau – le cortex olfactif, l’amygdale et l’hippocampe – liées au traitement des émotions, de la mémoire et de l’odorat.

Ces niveaux d’activité accrus ont incité les chercheurs à approfondir la relation entre la respiration et les fonctions cognitives telles que la réponse à la peur et le rappel de la mémoire. À cette fin, ils ont recruté une soixantaine de volontaires pour participer à des expériences visant à tester la fonction mémoire et la réaction de peur.

L’avantage de la respiration rapide dans des situations dangereuses

Pour la première expérience, les sujets du test ont montré des images de visages qui représentaient la peur ou la surprise. Pendant le test, on leur a demandé d’indiquer rapidement quelle émotion était exprimée pendant que leurs habitudes respiratoires étaient mesurées.

Les individus étaient capables de reconnaître un visage craintif plus rapidement pendant l’inhalation par le nez. De plus, ils n’ont trouvé aucune amélioration dans le temps quand les sujets devaient identifier la surprise ou quand ils respiraient par la bouche. Ainsi, l’effet était spécifique aux stimuli craintifs et à la respiration nasale.

Tel que rapporté par le Dr Zelano, ces résultats impliquent que la respiration rapide peut rendre un avantage lorsque quelqu’un est dans une situation dangereuse ou stressante.

« Si vous êtes dans un état de panique, votre rythme de respiration devient plus rapide », a déclaré Zelano. « En conséquence, vous passerez proportionnellement plus de temps à inhaler que lorsque vous êtes dans un état calme. Ainsi, la réponse innée de notre corps à la peur avec une respiration plus rapide pourrait avoir un impact positif sur la fonction cérébrale et entraîner des temps de réponse plus rapides aux stimuli dangereux dans l’environnement. « 

Dans une deuxième expérience, les volontaires ont dû se souvenir d’un ensemble d’objets différents qui leur ont été montrés sur un écran d’ordinateur. Lorsqu’ils ont été invités à rappeler ces objets, les chercheurs ont noté que les temps de rappel étaient meilleurs si les images étaient rencontrées pendant l’inhalation. Encore une fois, il n’y a eu aucune amélioration lorsqu’on a demandé aux bénévoles de respirer par la bouche.

Il semblerait que la respiration ne soit pas seulement bénéfique pour nos cellules et nos tissus, mais qu’elle joue également un rôle crucial dans l’activité et le comportement du cerveau. De plus, ces découvertes mettent en lumière les mécanismes fondamentaux de la méditation ou de la respiration du yoga.

« Lorsque vous inspirez, vous synchronisez en quelque sorte les oscillations cérébrales à travers le réseau limbique », a noté Zelano.

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